Françoise Larribe, ex-otage : « Je suis libre, mais amputée »

LE FIGARO.- Quel était l’objet de la marche de lundi matin ?

Françoise Larribe. - Nous voulons commémorer les trois ans de détention des quatre otages, Thierry Dol, Marc Féret, Daniel Larribe et Pierre Legrand. Nous avons organisé ce rassemblement à 3 heures du matin car nous avions été pris en otages en pleine nuit. Nous voulons rappeller aux pouvoirs publics et à l’opinion l’existence de ces quatre hommes, rappeller qu’ils sont captifs depuis plus de 1000 jours et que c’est la prise d’otage la plus longue pour des personalités issues de la société civile. Quand j’ai été libérée (au bout de 160 jours de détention, NDLR), je n’aurais jamais pu m’imaginer que les autres resteraient en détention 3 ans, c’est impensable, inimaginable, inacceptable.

Comment faites-vous pour vivre dans l’attente et dans l’angoisse permanente ?

Dès que je flanche, je pense à Daniel, mon mari, et je me dis qu’il vit dans des conditions extrêmement difficiles, même si j’ignore où et comment il est détenu. Nous n’avons pas eu de nouvelles depuis juillet dernier, quand on nous a fait parvenir une preuve de vie. Moi, j’ai la meilleure part, je suis libre. Amputée certes, mais libre. Je n’ai pas le droit de baisser les bras. Je ne pense pas à la période durant laquelle j’étais otage, je n’ai ni le temps, ni l’envie de me souvenir de ces moments là. Je ne suis pas traumatisée, aucune image ne vient me hanter. Il faut avancer. Se mobiliser ensemble, entre familles de captifs, nous aide aussi à tenir.

Vous sentez-vous suffisamment soutenue par les pouvoirs publics ? Pensez-vous qu’ils en font assez pour libérer les otages ?

Au bout de trois ans de détention, il est légitime de se demander si le maximum a été fait pour les libérer. Je pense toutefois qu’il serait une très mauvaise idée d’aller les chercher par la force. Nous sommes soutenus, toutefois, par les comités, les associations et la cellule de crise du Quai d’Orsay. Dès que nous en faisons la demande, nous pouvons dialoguer avec quelqu’un de la cellule. Nous avons essayé d’écrire aux otages, mais personne ne sait si nos courriers leur sont parvenus.

Lefigaro.fr avec Judith Duportail - 16 septembre 2013


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