Stèle présente au cimetière du Père Lachaise
Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, l’Airbus A330-200 assurant le vol AF447 en provenance de Rio de Janeiro à destination de Paris s’écrasait dans l’océan Atlantique. L’aéronef volait à environ dix mille sept cents mètres d’altitude lorsque l’accident s’est produit. Le vol transportait deux cent vingt-huit passagers parmi lesquelles figuraient soixante-douze ressortissants français et douze membres d’équipage. Tous sont décédés dans le crash.
L’accident trouve son origine dans le givrage des sondes Pitot, censées délivrer les indications de vitesse de l’appareil. Du fait d’un amas de glace, les sondes de modèle Thales AA installées sur l’A330 ont cessé d’indiquer des données fiables. Les enregistrements montrent qu’après la perte des indications de vitesse, l’autopilote s’est désengagé. L’avion est passé en « alternate law », rendant le pilotage manuel plus délicat. Peu après, l’un des copilotes aux commandes a brusquement tiré sur le manche, faisant cabrer l’appareil. L’alarme a brièvement retenti mais trop tardivement, l’appareil était donc déjà en situation de décrochage et les pilotes ne sont pas parvenus à rectifier la trajectoire. L’avion est entré en chute libre. L’absence de retentissement de l’alarme a donc perturbé l’analyse des pilotes qui n’ont pas pu identifier à temps l’origine du problème.
Une information judiciaire a été ouverte le 5 juin 2009 contre X pour des chefs d’homicides involontaires. En 2011, la société AIRBUS représentée par son président Thomas ENDERS et AIR FRANCE représentée par son directeur général, Pierre-Henri GOURGEON, sont mises en examen des chefs d’homicides involontaires. Le 12 juillet 2019, le procureur de la république de paris rend son réquisitoire en demandant le renvoi d’Air France et d’Airbus devant le tribunal correctionnel.
Le 17 avril 2023, après plusieurs semaines de débats devant le tribunal correctionnel de Paris, les deux sociétés sont relaxées sur le plan pénal, le tribunal estimant que malgré les imprudences et négligences identifiées, aucun lien de causalité certain ne pouvait être établi entre ces fautes et l’accident. Le parquet a formé appel de cette décision. Le procès en appel s’est déroulé du 29 septembre au 27 novembre 2025.
Le 21 mai 2026, la Cour d’appel de Paris a infirmé le jugement de première instance en reconnaissant Air France et Airbus coupables d’homicides involontaires. Les deux sociétés ont été déclarées « seules et entièrement responsables » de l’accident. La Cour a retenu un manque de formation des pilotes relatif à cette panne et un manque d’information des équipages sur les incidents de givrage des sondes pitot. Les deux sociétés ont été respectivement condamnées à une amende de deux cent vingt-cinq mille euros, montant correspondant au maximum prévu par la législation. Airbus et Air France ont annoncé se pourvoir en cassation.
La FENVAC constituée partie civile dans ce dossier et représentée par Me Sébastien BUSY, s’est tenue aux côtés des familles des victimes durant ce combat judiciaire ainsi qu’aux côtés de l’association Entraide et Solidarité AF447 dont elle a accompagné la création.
En ce jour, nous rendons hommage aux victimes de ce crash. Nos pensées vont vers leurs proches que nous continuerons de soutenir dans leur combat vers la vérité et la justice.
Nous n’oublions pas.






