MÉMOIRE : NOUS RENDONS HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’INCENDIE DU TUNNEL DU MONT-BLANC SURVENU DU 24 AU 26 MARS 1999

Le 24 mars 1999, un incendie s’est déclaré à l’intérieur du tunnel routier du Mont-blanc reliant la France et l’Italie. Cet accident a causé la mort de trente-neuf personnes dont dix-huit français.

L’incendie a été déclenché par un camion transportant des matières combustibles, matières qui ont alimenté l’incendie. Il s’agissait d’un camion frigorifique transportant des tonnes de farine et de margarine qui entrait dans le tunnel par le côté français. Le chauffeur constatant une émission de fumée provenant de son moteur s’était arrêté au milieu du tunnel. Le moteur s’était ensuite embrasé. La margarine en fondant, s’était enflammée, créant un brasier d’une puissance thermique exceptionnelle. La chaleur emprisonnée par les parois du tunnel était montée à 1000°C en quelques minutes. La ventilation du tunnel, avait involontairement alimenté le foyer en oxygène et poussé les fumées vers les véhicules situés derrière le camion. Les pompiers français et italiens ont tenté d’entrer dans le tunnel, mais ont été stoppés par la chaleur et la fumée. Quinze pompiers français ont dû se réfugier eux-mêmes dans un abri et n’ont pu être sauvés que plusieurs heures plus tard. L’incendie a brûlé pendant 53 heures, rendant l’accès au foyer impossible avant le 26 mars.

Dès le lendemain de l’incendie, une enquête a été ouverte pour déterminer ses causes précises et les éventuelles responsabilités. L’enquête judiciaire a révélé plusieurs défaillances qui ont contribué à l’aggravation de la catastrophe. Parmi celles-ci, la maintenance déficiente des équipements de sécurité du tunnel, l’absence de dispositifs efficaces pour lutter contre les incendies et un système d’alerte insuffisant.

Le procès s’est tenu du 31 janvier au 29 avril 2005 au Tribunal de grande instance de Bonneville. Seize prévenus dont douze personnes physiques et quatre personnes morales étaient jugés pour homicide involontaire. Le verdict a été rendu le 27 juillet 2005 et a établi des responsabilités partagées. Gérard Roncoli, chef de la sécurité du tunnel a été condamné à six mois de prison ferme et vingt-quatre mois avec sursis. Gilbert Degrave, chauffeur du camion, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis. Il a par la suite bénéficié d’une amnistie au titre de la loi de 2002. Daniel Claret-Tournier, contrôleur ATBM( Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc), a écopé de trois mois d’emprisonnement. Michel Charlet, maire de Chamonix, a écopé de six mois de prison avec sursis et 1 500 euros d’amende. Rémy Charbon, président d’ATBM a écopé de deux ans avec sursis et 15 000 euros d’amende. Christian Basset, ex-directeur de la SGTMB (société de gestion du tunnel du Mont-Blanc), a été condamné à vingt-quatre mois de prison. La société Volvo, le directeur de la sécurité civile de Haute-Savoie et l’ancien directeur d’ATBM ont été quant à eux relaxés. Gérard Roncoli et Michel Charlet ont fait appel de cette décision.

Le 14 juillet 2007, la Cour d’appel de Chambéry a confirmé la condamnation de Gérard Roncoli mais infirmé celle de Michel Charlet qui a finalement été relaxé, la Cour estimant qu’il n’était pas démontré que le maire avait eu connaissance des difficultés d’intervention des pompiers dans le tunnel.
La FENVAC s’était constituée partie civile dans cette procédure. Elle était représentée par Maître DREYFUS. Elle avait pris part à l’intégralité des deux procès en se tenant au côté des victimes.

À la suite de l’incendie, le tunnel du Mont-Blanc a été fermé pendant près de trois ans afin de mener des travaux de reconstruction et de sécurisation d’ampleur. Ces travaux ont profondément transformé l’ouvrage et, au-delà, l’ensemble des politiques de sécurité dans les tunnels en Europe.
Ils ont notamment consisté en la réfection complète des zones endommagées, mais surtout en la mise en place de nouveaux dispositifs de sécurité : création d’abris pressurisés reliés à une galerie d’évacuation indépendante, installation de niches de secours et de bouches incendie à intervalles réguliers, renforcement du système de ventilation et déploiement de capteurs thermiques sur toute la longueur du tunnel.

Un poste de secours permanent a également été installé au cœur de l’ouvrage, avec des équipes franco-italiennes dédiées, tandis que les règles d’exploitation ont été profondément revues : limitation et régulation du trafic, distances de sécurité strictes entre véhicules, interdiction de certaines marchandises dangereuses.

Ces transformations, dont le coût est estimé entre 200 et 250 millions d’euros, ont servi de référence pour la modernisation de nombreux tunnels en France et en Europe, marquant un tournant majeur dans la prévention des risques en milieu confiné.

Au-delà des évolutions techniques, la catastrophe a laissé une empreinte humaine profonde. Une stèle commémorative a été érigée à proximité du tunnel du Mont-Blanc afin de rendre hommage aux 39 victimes de ce drame.
Ce lieu de mémoire permet aux familles, aux proches et aux usagers de se souvenir des disparus et de rappeler que derrière les avancées en matière de sécurité se trouvent des vies brisées. Il constitue également un symbole fort du devoir de mémoire porté notamment par l’association des victimes, dont l’engagement a été déterminant pour faire évoluer les normes de sécurité et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

En ce jour, nous rendons hommages aux victimes disparues et exprimons notre soutien aux rescapés, familles et proches.

Nous soutenir

C’est grâce à votre soutien que nous pouvons vous accompagner dans l’ensemble de vos démarches, faire évoluer la prise en charge des victimes par une mobilisation collective, et poursuivre nos actions de défense des droits des victimes de catastrophes et d’attentats.

Soutenir la FENVAC

Ils financent notre action au service des victimes