Façade de l’entrée principale de la Préfecture de Police de Paris
Il y a 6 ans, en début d’après-midi, une attaque d’une extrême violence s’est déroulée dans l’enceinte de la Préfecture de Police de Paris. À 12h53, Mickaël Harpon, un agent administratif affecté à la direction du renseignement de la préfecture, s’arme de deux couteaux, sort de son bureau et attaque ses collègues. Dans le bureau voisin, il assassine le major Damien Ernest et le gardien de la paix Anthony Lancelot. Puis il rejoint les locaux techniques où il tue l’adjoint administratif Brice Le Mescam de plusieurs coups de couteau. En poursuivant son chemin, il atteint un escalier où il croise la gardienne de la paix Aurélia Trifiro qu’il blesse mortellement. Puis c’est au tour d’une adjointe administrative qui est gravement blessée à la gorge, mais qui heureusement survivra.
Un jeune gardien de la paix stagiaire, en poste depuis seulement six jours, réagit avec sang-froid : après avoir donné les sommations réglementaires, il ouvre le feu dans la cour d’honneur sur l’assaillant qui se dirigeait vers lui, ce qui met fin à l’attaque. Un parcours meurtrier sidérant, en plein coeur de la préfécture, qui n’aura pris que 7 minutes.
Les quatre victimes décédées portaient toutes la mention « tué dans l’exercice de ses fonctions » dans le Journal officiel après l’attentat et ont été décorées de la Légion d’honneur à titre posthume lors de la cérémonie nationale d’hommage présidée le 8 octobre 2019 par le Président de la République.
Aujourd’hui, nous pensons à eux ainsi qu’à leurs familles :
Damien Ernest, 50 ans, major à la direction du renseignement, totalisait vingt-huit années de service. Il avait deux filles et envisageait un mariage avec sa compagne. Il travaillait dans le même bureau que l’assaillant depuis de nombreuses années.
Anthony Lancelot, 39 ans, gardien de la paix, avait onze ans de service. Il laissait derrière lui deux jeunes enfants. Ancien adjoint de sécurité dans des commissariats de province, il était apprécié de ses collègues pour son dynamisme.
Brice Le Mescam, 38 ans, adjoint administratif, avait six années de service. Originaire de Montpellier, il avait une formation imprégnée de culture artistique, il s’était intéressé au théâtre. Il était reconnu pour sa vivacité et son esprit engagé, notamment autour de la cause LGBT.
Aurélia Trifiro, 39 ans, gardienne de la paix, comptait dix-sept ans de service. Elle avait débuté dans les Bouches-du-Rhône, puis exercé à Lyon avant de rejoindre Paris. Elle laissait un conjoint policier et deux enfants. Elle était estimée pour son énergie, sa solidarité et le soin qu’elle portait à sa mission.
Au-delà du choc immédiat, ce drame a suscité une onde de sidération dans toute la nation, particulièrement au sein des forces de police. Le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de l’hommage du 8 octobre 2019, a prononcé un discours solennel dans la cour de la préfecture, soulignant l’incompréhensibilité d’un acte meurtrier perpétré au cœur de l’État même.
Chaque année, des cérémonies de commémoration se tiennent à la préfecture. Nos pensées vont aux victimes et leurs familles, ne les oublions pas.






