Le 3 octobre 1980, à 18h38, une bombe explose devant la synagogue de la rue Copernic à Paris. L’engin, placé sur une moto stationnée juste devant l’entrée, a été déclenché alors que les fidèles s’apprêtaient à célébrer l’office du shabbat. Grâce aux mesures de sécurité, la bombe n’a pas pénétré à l’intérieur du lieu de culte, mais la déflagration a semé la mort dans la rue.
Quatre personnes ont été tuées. Jean-Michel Barbé, chauffeur, est décédé sur le coup. Philippe Bouissou, jeune homme de 22 ans circulant en moto, a lui aussi été fauché par l’explosion. Aliza Shagrir, journaliste et présentatrice israélienne âgée de 42 ans, venue en France rendre visite à une amie, a trouvé la mort sur le trottoir. Hilario Lopez-Fernandez, employé de l’hôtel voisin, a succombé à ses blessures deux jours plus tard. Quarante-six autres personnes ont été blessées.
Cet attentat fut le premier en France visant directement la communauté juive depuis la seconde guerre mondiale. Dans un contexte de tensions internationales, il marqua le début d’une série d’attaques antisémites et terroristes qui endeuillèrent les années 1980. L’émotion fut immense : de nombreux rassemblements eurent lieu pour dénoncer la haine et soutenir les victimes.
L’enquête connut de longues années d’incertitude. En 2015, Hassan Diab, universitaire canadien d’origine libanaise, fut extradé vers la France, soupçonné d’avoir organisé l’attentat. Mais en 2018, la justice française prononça un non-lieu et il regagna le Canada. Lorsque la chambre de l’instruction ordonna finalement son renvoi devant une cour d’assises en 2021, il se trouvait déjà à Ottawa. Le Canada refusa son extradition une seconde fois. Ainsi, le procès de 2023 s’est déroulé en son absence.
Le 21 avril 2023, la cour d’assises spéciale de Paris le déclara coupable d’assassinats et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, et le condamna à la réclusion criminelle à perpétuité.
Une plaque commémorative fixée sur la façade de la synagogue rappelle le nom des victimes et la mémoire de ce drame. Chaque année, une cérémonie s’y tient, rassemblant familles, proches, responsables religieux, citoyens et autorités. Ce lieu est devenu un symbole de recueillement et de vigilance face à l’antisémitisme et au terrorisme. Ne les oublions pas.






