Il y a 13 ans, une grenade est lancée dans une épicerie casher de Sarcelles. L’acte n’a laissé aucun doute sur son caractère antisémite et terroriste. Il s’inscrit dans un contexte de montée de l’antisémitisme et de radicalisation djihadiste. Une personne est blessée, plusieurs autres sont choquées ou touchées légèrement. Rapidement, l’enquête révèle que l’attaque a été perpétrée par un groupe lié à la mouvance islamiste radicale, la cellule de Cannes-Torcy, active depuis plusieurs mois sur le territoire.
Cette cellule, structurée et déterminée, avait pour objectif de frapper la France. Dirigée notamment par Jérémie Louis-Sidney, tué lors de son interpellation en octobre 2012, elle regroupait des individus radicalisés, formés et animés par une haine idéologique à l’égard des juifs et de la République. L’enquête, menée par la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), met en lumière une volonté assumée de commettre d’autres attentats, rendant l’intervention des forces de l’ordre d’autant plus décisive.
L’instruction judiciaire aboutit à un procès devant la Cour d’assises spéciale de Paris en avril 2017. Les débats révèlent non seulement la préparation de l’attentat de Sarcelles, mais aussi la dangerosité du groupe dans son ensemble. Les accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, tentative d’assassinat en bande organisée et autres infractions liées au terrorisme. Le procès est marqué par les témoignages des victimes, leur souffrance, et leur attente de vérité et de justice. La FENVAC, présente tout au long de la procédure, a accompagné les victimes dans leur parcours.
À l’issue du procès, plusieurs membres de la cellule sont condamnés. Jérémy Bailly, reconnu comme un des membres actifs de la cellule, est condamné à 30 ans de réclusion criminelle. D’autres accusés écopent de peines allant de 5 à 20 ans selon leur degré d’implication. Ces condamnations, bien qu’accueillies avec soulagement par les victimes et leurs proches, rappellent que la menace terroriste peut naître au cœur même du territoire national, au sein de groupes clandestins nourris par des idéologies violentes et haineuses.
Nous continuons d’agir aux côtés des victimes pour que ces actes ne soient pas oubliés, que les responsabilités soient établies et que la parole des victimes soit entendue. Ne les oublions pas.





