MÉMOIRE I N’oublions pas les victimes de l’attentat du RER B à Saint-Michel du 25 juillet 1995

Il y a 30 ans, à 17h30, une bombe dissimulée dans une rame du RER B, à la station Saint-Michel, explose avec une violence inouïe. L’engin, placé dans une poubelle du train, contient une charge d’environ 3 kilogrammes de nitrate d’ammonium et de pétrole, renforcée par des clous pour maximiser les dégâts. L’attentat fait huit morts et près de 150 blessés, dont certains resteront marqués à vie, dans leur chair comme dans leur esprit. Il s’agit du premier d’une vague d’attaques terroristes perpétrées en France durant l’été 1995, attribuées au Groupe islamique armé (GIA) algérien.

En ce triste trentième anniversaire, nos pensées se tournent d’abord vers les victimes de cet acte barbare. Vers celles et ceux qui ont perdu la vie dans cette rame, en plein cœur de Paris. Vers les blessés, leurs proches, les témoins, les premiers secours, et tous ceux qui, depuis ce jour, vivent avec les cicatrices visibles ou invisibles de ce drame.

Nous tenons à saluer leur courage. Leur dignité, face à l’indicible. Leurs combats silencieux, souvent solitaires, pour se reconstruire, pour que justice soit rendue, pour que la mémoire ne s’efface pas.

Plaque commémorative en mémoire des victimes à la station Saint-Michel

Le procès de ces attentats s’est ouvert en 2002 à Paris. Rachid Ramda, considéré comme l’un des cerveaux de la série d’attaques, a été condamné en 2007 à la réclusion criminelle à perpétuité. Son extradition du Royaume-Uni avait été l’objet de longues démarches symbolisant la complexité du combat judiciaire des victimes. Ce jugement a représenté une étape importante, mais ne saurait effacer les souffrances ni refermer les blessures.

En ce jour de recueillement, il est impossible de ne pas évoquer le rôle essentiel de Françoise Rudetzki. Elle-même victime d’un attentat en 1983 à Paris, elle a consacré sa vie à faire entendre la voix des victimes du terrorisme. Fondatrice de l’association SOS Attentats, à l’origine de la reconnaissance du statut de victime du terrorisme en droit français, elle a œuvré sans relâche pour que l’État prenne pleinement en charge les droits, le soutien et l’accompagnement des personnes touchées par ces drames.

Elle a également été l’une des instigatrices de la FENVAC, notre fédération qui, depuis, unit et soutient les associations de victimes. Son engagement a profondément transformé notre société. Elle a fait de la souffrance une force, de la solitude une solidarité, du silence une parole forte et irréfutable. Elle nous a appris que la mémoire est une responsabilité collective. Aujourd’hui encore, son combat continue d’inspirer et nous lui rendons hommage avec une gratitude infinie.

Nous affirmons notre solidarité indéfectible avec les victimes, les survivants et leurs familles. Nous poursuivons ensemble le devoir de mémoire, pour que l’oubli ne gagne jamais, pour que la justice continue d’être rendue, pour que la vie soit toujours plus forte que la haine.

Trente ans après, nous n’oublions rien.

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