Le 21 août 2015, un attentat a été évité de justesse à bord du train Thalys n°9364 reliant Amsterdam à Paris. Un homme armé, Ayoub El Khazzani, monte à bord du train à Bruxelles-Midi avec une valise contenant un fusil d’assaut de type Kalachnikov, un pistolet Luger, un cutter et neuf chargeurs.
Alors que le train circule à pleine vitesse entre Arras et Paris, le terroriste tente de passer à l’action ; il parvient à tirer une première fois, blessant grièvement un passager franco-américain, Mark Moogalian, qui tentait de l’en empêcher. L’intervention immédiate de trois Américains, Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler, appuyés par un Britannique, Chris Norman, permet d’éviter un massacre. Ils désarment et neutralisent l’assaillant au prix de blessures, notamment pour Spencer Stone, gravement touché au bras et au cou. Grâce à leur sang-froid et à leur courage, aucune victime mortelle n’est à déplorer. Au total, quatre personnes ont été blessées, dont deux grièvement.
De gauche à droite, Chris Norman, Anthony Sadler, le Président de la République François Hollande, Spencer Stone et Alek Skarlatos à la cérémonie du 24 août 2015 lors de la remise de la médaille de la Légion d’honneur au Palais de l’Élysée.
L’enquête a révélé qu’Ayoub El Khazzani, ressortissant marocain de 25 ans, était fiché pour radicalisation en Espagne, en France et en Belgique. Il a reconnu avoir voulu commettre un attentat de masse, affirmant initialement vouloir s’en prendre uniquement aux militaires présents dans le train. Les investigations ont rapidement permis d’écarter cette version et de confirmer qu’il s’agissait bien d’un attentat islamiste préparé en lien avec les réseaux djihadistes syriens.
Le procès s’est tenu devant la Cour d’assises spéciale de Paris à l’automne 2020. Ayoub El Khazzani a été reconnu coupable de tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, d’association de malfaiteurs terroriste criminelle, et de détention et transport d’armes de guerre. Le 17 novembre 2020, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Trois autres accusés, complices présumés dans la préparation de l’attentat, ont également été jugés et condamnés à des peines allant de 7 à 27 ans de prison.
Cet attentat évité, après les attaques de janvier 2015 à Paris, s’inscrit dans une vague de menaces terroristes qui ont durement touché notre pays. Il rappelle combien la vigilance, la solidarité et le courage de citoyens peuvent être déterminants face au terrorisme.







