JUSTICE I TREIZE ANS APRES L’ACCIDENT AERIEN LE PLUS MEURTRIER CONNU EN FRANCE, LE PROCES DU CRASH DU VOL RIO-PARIS S’OUVRE ENFIN

Après treize longues années d’attente pour les familles des victimes, le procès du crash du vol AF 447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’ouvre ce lundi 10 octobre 2022 devant le tribunal correctionnel de Paris. Il doit durer jusqu’au 10 décembre 2022.

Pour rappel, l’Airbus A330-200 d’Air France assurant ce vol s’était abîmé au milieu de l’océan Atlantique le 1er juin 2009, entraînant la mort des 228 personnes à bord. Les pilotes, désorientés par une défaillance technique liée au givrage des sondes Pitot, avaient perdu le contrôle de l’appareil sans parvenir à rattraper le décrochage de l’avion.

Sur le plan judiciaire, au terme de longues batailles d’expertises et contre-expertises, un non-lieu avait été prononcé dans cette affaire en 2019. Les parties civiles que sont les familles, l’association AF447 Entraide et Solidarité ainsi que la FENVAC ont interjeté appel de cette décision et leur demande qu’un débat public puisse enfin se tenir a été entendue par les juges. Cherchant à échapper à toute responsabilité pénale, Airbus et Air France ont formé un pourvoi en cassation, jugé irrecevable en août dernier. C’est ainsi que le renvoi des deux prévenus, personnes morales, devant le tribunal correctionnel Paris pour « homicides volontaires » a été confirmé.

Pendant, huit semaines, les représentants du constructeur et de la compagnie aérienne devront s’expliquer sur les négligences présumées ayant conduit à l’une des pires catastrophes accidentelles de l’histoire l’aviation française.

Pour les 476 parties civiles représentées par l’association AF 447 Entraide et Solidarité, soutenue par la FENVAC, les éléments d’investigation sont sans équivoque. Les pièces issues de l’instruction dont celles versées par l’association des victimes démontrent que le drame résulte d’un enchaînement de dysfonctionnements, de négligences et d’attentisme de la part d’Airbus et d’Air France. Si la dangerosité du givrage des sondes Pitot, déjà en cause dans plusieurs incidents antérieurs, avait été prise en compte par le constructeur et l’exploitant, le drame aurait pu être évité.

Au procès, les familles de victimes espèrent obtenir des réponses sur la culpabilité des deux prévenus personnes morales. "Nous attendons ce procès avec impatience mais aussi une certaine fébrilité", confie Danièle Lamy, la présidente de l’association Entraide et Solidarité AF447 qui a perdu son fils dans le drame. "Cela va nous replonger dans des moments extrêmement douloureux mais ce procès est absolument indispensable pour la mémoire des disparus et pour les familles", ajoute-t-elle. "C’est vraiment épuisant » se confie Ophélie Toulliou, la sœur de Nicolas, l’une des 228 victimes du crash. "treize ans de combat juste pour avoir un débat public, il faut avoir l’énergie d’aller jusque-là", ajoute-t-elle.

Pour Ophélie, Air France et Airbus ont fui leur responsabilité. "Ils se doivent, au même titre que les autres, d’avoir une prévention exemplaire dans l’intérêt de la sécurité aérienne de tous, on prend tous l’avion", "vos parents, vos frères et sœurs, ça ne peut pas se reproduire".

Durant les huit prochaines semaines, le tribunal correctionnel de Paris va tenter de déterminer les responsabilités de chacun des deux géants de l’aéronautiques français dans ce drame qui a coûté la vie aux 228 passagers. S’il retient une faute pénale de leur part, ils risquent une amende dont le montant maximal est de 225000 euros. Au-delà de cette sanction financière, c’est un message fort qui serait envoyé pour la sécurité de tous les passagers.

La FENVAC sera aux côtés des familles de victimes de ce tragique accident lors du procès et après.

Crédit photos : L. Barnier - La Tribune

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