Plus de six ans après l’effondrement des immeubles du 63 et 65 rue d’Aubagne à Marseille, qui a coûté la vie à huit personnes, le Tribunal correctionnel a rendu aujourd’hui un jugement particulièrement attendu.
Jean-Claude Cachard, propriétaire bailleur, a été condamné à quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet électronique, assortis d’une amende de 100 000 € et d’une interdiction définitive de gérer ou de louer un bien.
Gilbert Ardilly a été condamné à quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet, à 40 000 € d’amende et à une interdiction d’acquisition de bien immobilier pendant cinq ans. Son fils Sébastien Ardilly a écopé de trois ans, dont un an ferme, avec une amende de 30 000 €. Martine Ardilly, épouse et copropriétaire, a été condamnée à trois ans avec sursis, 20 000 € d’amende et la même interdiction d’achat immobilier.
Le gestionnaire de copropriété Sébastien Valentin a été condamné à trois ans avec sursis, à 8 000 € d’amende et à une interdiction définitive d’exercer comme syndic. Le cabinet Liautard, son employeur, a également été condamné à une amende de 100 000 € et à une interdiction de gérer des biens, bien qu’il soit en liquidation judiciaire.
L’architecte Michel Carta a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à une interdiction définitive d’exercer toute activité d’expertise en architecture.
Julien Ruas, ancien adjoint au maire de Marseille, a été condamné à deux ans avec sursis et à une interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans.
La société Yorem, détenue par Jean-Claude Cachard, a été condamnée à 50 000 € d’amende et à une interdiction définitive de gérer des biens.
Le tribunal a prononcé la relaxe de la Société d’Habitation Marseille, de l’experte Catherine Coellier, de l’expert Pascal Coulange, de l’architecte Bernard Gil, de Mme Bonetto (copropriétaire) ainsi que de Mme Daragon (ancienne responsable de la SHM).
Le Tribunal a reconnu la gravité des fautes commises, a écarté les arguments des assureurs contestant le lien entre les fautes et les préjudices subis, mais n’a pas retenu le préjudice d’angoisse de mort imminente. Il a en revanche reconnu un préjudice permanent exceptionnel lié à la désorganisation de la vie des victimes.
L’audience civile visant à statuer sur les réparations est fixée au 24 octobre 2025 à 9h.
Comme les victimes et leurs familles, la FENVAC aurait souhaité des peines plus lourdes à la hauteur de la gravité des manquements et du drame humain survenu. Nous réaffirmons notre soutien indéfectible aux victimes et à leurs familles.
La « dent creuse » laissée par la démolition des immeubles, photographiée en décembre 2019.





