ROUEN : LA SOCIETE LUBRIZOL DE NOUVEAU MISE EN EXAMEN POUR ATTEINTES ENVIRONNEMENTALES

Deux ans après l’incendie de son usine, Lubrizol est de nouveau ciblée par la justice, cette fois pour déversement de substances nuisibles dans les eaux et rejet en eau douce de substances nuisibles au poisson.

Par Le Parisien avec AFP
Le 16 septembre 2021 à 15h06
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Lubrizol n’a pas fini d’inquiéter Rouen. À quelques jours du deuxième anniversaire de l’énorme incendie de son usine dans la capitale normande, la société Lubrizol a été de nouveau mise en examen mardi pour des atteintes environnementales, indique ce jeudi une source judiciaire, qui confirme par là une information de 76actu.

Deux chefs d’accusation sont retenus contre la société. « La société Lubrizol a été mise en examen le 14 septembre des chefs de déversement de substances nuisibles dans les eaux et rejet en eau douce de substances nuisibles au poisson », précise la source judiciaire.

Pour Simon de Carvalho, qui préside l’Association des sinistrés de Lubrizol (ASL), partie civile, « le dossier est très solide concernant ces deux nouveaux faits ». Son contenu « repose sur de nombreux prélèvements et analyses dans la darse, avec assez d’éléments pour parler de toxicité aiguë, ça touche les poissons mais c’est risqué pour l’homme aussi », poursuit-il.

Pour l’ensemble des associations et groupes constitués après l’incendie, cette nouvelle mise en examen démontre que leurs craintes sont prises au sérieux. « C’est une satisfaction, nos associations ne cessent de tenter de prouver qu’il y a une pollution », a abondé Christophe Holleville, secrétaire de l’Union des victimes de Lubrizol.

10 000 tonnes de produits chimiques partis en fumée

La société Lubrizol, dont ni la direction ni l’avocat n’étaient joignables dans l’immédiat pour un commentaire, a été mise en examen une première fois le 24 février 2020. Le chef de « déversement de substances nuisibles » était déjà existant, et s’y ajoutait alors celui d’ « exploitation non conforme d’une installation classée » ayant provoqué des dégâts environnementaux.

Il était alors reproché à l’entreprise « de ne pas avoir pris toutes les mesures pour empêcher la propagation importante de l’incendie et les dégâts environnementaux qui en ont découlé », avait précisé une source proche du dossier. Placé sous contrôle judiciaire, le groupe avait dû s’acquitter d’un cautionnement de 375 000 euros et constituer une « sûreté » de 4 millions d’euros visant à réparer les « dommages humains et environnementaux » éventuellement imputables à l’incendie.

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