Quinze Français aux mains des islamistes au Sahel

Le sort des ressortissants français détenus dans la région, certains depuis septembre 2010, est plus que jamais lié à l’intervention militaire.

Avec l’enlèvement de sept compatriotes, mardi dans le nord du Cameroun, la France compte désormais quinze otages à l’étranger. Tous détenus au Mali ou dans la région, leur sort est plus que jamais lié à l’intervention de l’armée française dans ce pays.

Au commencement de l’opération « Serval », le 11 janvier dernier, un commando français a échoué à libérer, à l’autre bout de l’Afrique, l’agent de la DGSE Denis Allex, qui fut tué par ses ravisseurs islamistes somaliens. La France a également perdu dernièrement l’un de ses ressortissants, Yann Desjeux, dans la monstrueuse prise d’otages qui s’est déroulée, du 16 au 19 janvier, sur le complexe gazier algérien d’In Amenas. Le groupe de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, proche d’al-Quaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui pourrait aujourd’hui encore détenir des otages français, a lié cette action à In Amenas « aux bombardements des musulmans du Mali ».

Avant l’enlèvement de sept membres d’une même famille mardi, les islamistes nigérians avaient déjà revendiqué le rapt, le 19 décembre 2012, de l’ingénieur Francis Collomp. Le groupe Ansaru qui avait alors opéré au nord du Nigeria, près du Niger, avait justifié son action par la préparation d’une intervention française au Mali, qui ne deviendra effective qu’un mois plus tard.

Le sort de Francis Collomp et celui des sept autres nouveaux otages aux mains des islamistes nigérians est maintenant lié à celui des sept otages français enlevés précédemment, et qui sont supposés être détenus au Mali.

Sept sans doute au Mali
Enlevés le 16 septembre 2010, quatre collaborateurs du groupe nucléaire Areva et de son sous-traitant Satom, qui opèraient sur le site d’extraction d’uranium d’Arlit, au nord Niger, seraient toujours aux mains de l’« émir » d’Aqmi, Abou Zeid. Selon des témoignages, Abou Zeid et des Occidentaux - on pense évidemment à Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret - auraient séjourné à Tombouctou, avant de prendre la fuite devant l’avancée des troupes françaises au Mali. On suppose que ce groupe a gagné le massif des Iforas, dans le nord du pays, à la frontière avec l’Algérie.

Le 24 novembre 2011, Serge Lazarevic et Philippe Verdon ont été enlevés devant leur hôtel à Hombori (dans le nord-est du Mali). Aqmi revendique leur enlèvement. Leur geôlier pourrait être ce Mokhtar Belmokhtar de la prise d’otages d’In Amenas, qui a monté sa propre katiba, en marge d’Aqmi. Mais on a aussi évoqué comme leur possible geôlier Abdelkrim Taleb, connu aussi sous le nom d’Abdelkrim le Touareg, qui est lui en odeur de sainteté à Aqmi. Belmokhtar et Taleb étaient dans le nord du Mali, avant de prendre la fuite devant les troupes françaises.

Le 20 novembre 2012, Gilberto Rodriguez Leal, a, lui, été enlevé dans le nord du Mali, près de Kayes, une ville proche des frontières avec le Sénégal et la Mauritanie. Les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) affirmaient encore détenir cet otage alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la ville malienne de Gao, désormais investie par l’armée française.

Thierry Portesl Le Figaro, le 19 Février 2013,


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