MINUTES DE PLATINE, EFFROI ET HIPPOCAMPE

Vendredi, au procès des attentats du « 13 novembre », parole fut donnée, tout d’abord, à une présidente et un président d’associations de victimes du terrorisme.

« Des tables nappées de blanc »

Marie-Claude Desjeux, toute en noir hormis un cordon vert autour de son cou, est la présidente de la Fenvac, la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs, créée en 1994, et à laquelle il est possible de se porter partie civile, ce qu’elle a fait. En janvier 2013, le frère de Madame Desjeux est tué lors de l’attentat contre un site gazier de BP en Algérie, à In-Amenas, dans l’est du pays…

… une perte qui signe l’engagement de cette femme dans la Fenvac.
Après les massacres du 13 novembre 2015, Madame Desjeux sera de ceux qui viennent réconforter, à l’École militaire, les familles qui arrivent pour la reconnaissance de proches. Elle se souvient du grand escalier, « sinistre », des « tables nappées de blanc comme pour une réception » sur lesquelles on avait disposé de quoi manger, des boissons. « Une jeune fille cherchait son professeur d’histoire, persuadée qu’il devait être au Bataclan », se rappelle-t-elle également.
Une tribune dans la presse l’a profondément heurtée, qui disait que « les victimes sont comme dans un cocon »… est-ce celle-ci ?

Madame Desjeux le dit clairement : la politique d’aide aux victimes a changé, et « la Fenvac ne pourrait plus agir comme en 2015 ».
Si, en 2016, sous Hollande, avait été créé un secrétariat d’État à l’aide aux victimes, il a disparu, remplacé, depuis l’accession au pouvoir de Macron, par une délégation interministérielle à l’aide aux victimes. La principale conséquence de ce changement, c’est qu’a été retirée aux associations « la possibilité d’être tout de suite auprès des victimes ». En outre, précise Madame Desjeux, une aide aux victimes, ce n’est pas la même chose qu’une association de victimes.

Le président de la cour, Jean-Louis Périès, prend la parole pour s’interroger : est-ce judicieux de diffuser, lors de ce procès, des photos du Bataclan après le massacre, ou l’extrait d’un enregistrement retrouvé dans un dictaphone abandonné ?
Madame Desjeux : Les victimes peuvent tout voir, tout entendre. Et à ce procès, ceux qui ne supportent pas peuvent s’extraire de la salle.

Avant de quitter la barre, Marie-Claude Desjeux, afin d’insister sur le rôle essentiel des associations de victimes, raconte que lors de l’attaque au couteau, en 2019, à la préfecture de Paris, l’épouse d’un assassiné « ne savait pas qu’elle pouvait être considérée comme veuve de guerre, et ses enfants, pupilles de la nation ».

« Fracturer les discours de complaisance »

François Zimay, lui, qui arrive à la barre, est rescapé d’un attentat. Le 14 février 2015, il se trouvait dans un centre culturel à Copenhague quand un homme fit feu. Aujourd’hui, il est président de l’AFVT, Association française des victimes du terrorisme, créée au lendemain de l’attentat contre un DC-10 d’UTA, le 19 septembre 1989, et qui intervient dans les collèges, les lycées, les prisons également.
Ce que cherche à faire l’association, explique François Zimay, qui parle en prenant son temps – et cela fait du bien, cette parole –, c’est « fracturer les discours de complaisance sur le terrorisme » dans le genre « la fin justifie les moyens », « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». « Tous ceux qui sont ici sont des œufs cassés… »

Les dix minutes de platine

L’homme qui vient parler à présent se nomme Didier Ollat, il a 51 ans, et est chirurgien orthopédiste. C’est un homme qui, comme l’on dit, a de la bouteille : durant vingt-neuf ans, il fut chirurgien militaire, participant à quatorze missions en OPEX (opérations extérieures).
En 2015, il était encore chirurgien militaire, et c’est le dimanche qui suivit les attentats du « 13 novembre » qu’il commença à recevoir des blessés. Une vingtaine furent accueillis à l’hôpital Bégin, et une vingtaine également à l’hôpital Percy.

En chirurgie de guerre, il faut « trier » les blessés : blessés graves, blessés légers. Notamment en cas d’“afflux saturant”, c’est-à-dire quand le nombre des blessés est trop important par rapport aux possibilités d’assurer les soins. Ce jour-là, même si l’afflux ne fut jamais saturant, assure-t-il, dans les hôpitaux de la région parisienne, les personnes qui arrivaient avaient reçu des balles d’armes de guerre, et il était nécessaire de « prioriser » les blessés : faire un examen complet mais rapide, examen assuré par un médecin et un anesthésiste-réanimateur.
Le docteur Ollat tient à faire tomber un mythe : « penser que la balle qui sort d’une arme est stérilisée par la chaleur du canon ». Il n’en est rien !
Aussi doit-on d’abord laisser les plaies ouvertes afin d’éviter l’infection. Et la lutte contre les infections est cruciale dans les sept premiers jours de l’hospitalisation. Puis, explique Didier Ollat, c’est « le processus de consolidation osseuse », délicat car la balle qui a touché l’os s’est disséminée en éclats. Étape suivante : la réhabilitation, qui prend un à deux ans si tout va bien.

Mais si tout ne va pas bien, c’est alors l’amputation secondaire, dont le blessé peut mourir.

Quand le pronostic vital est engagé, la première heure, que les médecins militaires appellent la “golden hour”, l’heure qui suit l’impact de la ou des balles, est cruciale. Tout comme “les dix minutes de platine”, celles qui suivent le traumatisme. Ainsi, explique le chirurgien, les gens peuvent mourir rapidement d’hémorragie, surtout si ce sont les grosses artères qui sont touchées : pour l’artère fémorale, ce ne sont plus les dix premières minutes qui sont cruciales, mais les trois premières. D’où l’importance du garrot.

Soigner, mais aussi identifier les blessés, qui bien souvent ont perdu leurs papiers. Comment faire ? eh bien on les numérote.
Le docteur Ollat, très pédagogue, explique aussi la différence entre se blesser chez soi avec une arme par accident et recevoir des balles sorties d’armes comme celles utilisées par les tueurs le « 13 novembre » : « On passe de la lésion projectilaire à la chirurgie de guerre. » Les balles blindées des fusils d’assaut, kalachnikovs ou AR-15 (ceux utilisés dans les tueries de masse aux États-Unis), sont différentes de celles d’un fusil de chasse. Pour un fusil de chasse, on utilise « des balles qui fragmentent », ce qui n’est pas le cas pour celles des fusils d’assaut : « elles ne sont pas censées se fragmenter et champignonner ».
Champignonner ? « Le projectile va former un dôme durant la pénétration, comme la tête d’un champignon. En d’autres termes, le diamètre maximum du projectile peut presque doubler, les bords ne sont pas coupants », est-il dit sur un site consacré à la chasse. Or, ajoute le chirurgien, les conventions de Genève ont interdit l’usage de ce qu’on appelle les « projectiles chemisés » (en anglais : full metal jacket bullet), ou projectiles blindés.
« Les petits éclats, continue le docteur Ollat, on ne va pas tous les chercher, c’est impossible. Mais un éclat infectieux peut « se réveiller » dix ou vingt ans après, les anciens combattants le savent.
Et si une balle touche un os, les morceaux d’os disséminés vont agir comme des projectiles secondaires.
Les blessés sont examinés « recto-verso, si l’on peut dire », ajoute Didier Ollat, « car il faut faire très attention à tous les petits orifices ».
Quant à la réparation, elle n’est pas simple, on l’imagine. « S’il y a un foyer infectieux, on ne peut utiliser ni plaque ni vis, car les microbes s’enveloppent d’un biofilm, et on ne peut pas traiter l’infection. » Alors que faire ? « On utilise un fixateur utilisant des fiches », ou broches. C’est ce que le docteur Ollat appelle « un porte-manteau », qui sort du bras ou de la jambe.

Une avocate des parties civiles : Les éclats de balles peuvent-ils bouger ?
Didier Ollat : Rarement, car il y a un processus de fibrose qui les enveloppe.

Mais… mais…., précise le docteur Ollat, « la présence de corps métalliques interdit les IRM, car là, à cause du champ magnétique, ils peuvent bouger ».
Ce qui rend, par exemple, impossible un IRM pour une personne atteinte d’un cancer…

* Après les blessures physiques, les blessures psychiques, et pour en parler, trois psychiatres vont se succéder à la barre…

D’abord, Thierry Baubet, chemise et yeux bleus, professeur de psychopathologie de l’enfant à Paris-XIII (Villetaneuse) et chef de service à l’hôpital Avicenne (Bobigny). Il précise que nombre de parties civiles ont été ou sont ses patients.
« Un traumatisme a un effet délabrant sur la personne », qui a une une « réaction d’effroi ». L’effroi va au-delà de la peur : il induit une dépression, de l’anxiété, des addictions. Et le psychiatre de nous donner une courte leçon de latin : le mot « effroi » vient du latin exfridare, « qui nous fait sortir de la tranquillité ».
Une personne à sa fenêtre qui assiste à des évènements tragiques peut développer un stress, mais, ajoute le psychiatre, … « la justice ne la considère pas comme victime ».
Dans le cas des massacres du « 13 novembre », poursuit-il, « il y a eu intentionnalité du traumatisme » : « un être humain, les yeux dans les yeux, a pu faire ça ». Alors, deux questions vont tourmenter le traumatisé : « est-ce que n’importe quel humain est capable de ça ? », « est-ce que je peux faire ça ? ».
À ce moment de son témoignage, Thierry Baubet va citer quatre extraits d’œuvres : L’Iliade de Simone Weil, Une connaissance inutile de Charlotte Delbo, L’Espèce humaine de Robert Antelme, et L’Instant de ma mort de Maurice Blanchot : la mort y rôde, toujours recommencée…
Je ne sais plus quel passage du texte de Weil il a cité, mais prenons celui-ci :
« Chaque matin l’âme se mutile de toute aspiration, parce que la pensée ne peut pas voyager dans le temps sans passer par la mort. »

Même chose pour Une connaissance inutile : je n’ai pas eu le temps de noter le passage cité, mais ayant le livre sous les yeux, il m’est si facile d’en cueillir quelques lignes :
« chaque jour un peu plus
je remeurs
la mort de tous ceux qui sont morts
et je ne sais plus quel est vrai
du monde là
de l’autre monde là-bas
maintenant
je ne sais plus
quand je rêve
et quand
je ne rêve pas… »

L’Espèce humaine, que j’ai également sous les yeux…
« Cette disproportion entre l’expérience que nous avions vécue et le récit qu’il était possible d’en faire ne fit que se confirmer par la suite. Nous avions donc bien affaire à l’une de ces réalités qui font dire qu’elles dépassent l’imagination » (dans l’Avant-propos).

Enfin, Maurice Blanchot et L’Instant de ma mort : le docteur Baubet raconte que, dans sa jeunesse, Blanchot s’est trouvé devant un peloton d’exécution allemand. Mais, jeu cruel, il n’a pas été fusillé, « l’instant de ma mort désormais toujours en instance« .

Montrer les images ? ainsi que se le demandait le président de la cour. La réponse du psychiatre claque : « Montrer les images fait jouir les bourreaux et souffrir les victimes. »

Chez l’enfant dont un ou deux parents sont morts – au Bataclan, un enfant a « perdu » sa mère et sa grand-mère –, « les troubles sont souvent minimisés par la famille ou les professionnels », et pourtant…, a eu lieu chez lui « une « destruction des théories sociales infantiles », dont celle-ci : le père et la mère seront toujours là. Si traumatisme il y a, l’enfant ne se développe pas normalement. En outre, dit Thierry Baubet, « le deuil d’un parent peut doubler le risque de suicide au cours de la vie ». Quant aux parents, ils peuvent considérer un deuil comme une « souillure » qu’ils veulent éviter de transmettre à l’enfant.

Le psychiatre utilise souvent ces sigles : PTSD (post-traumatic stress disorder) et TSPT, deux sigles pour dire la même chose : le trouble de stress post-traumatique. Hélas, selon la phase 1 de l’étude ESPA, l’enquête de santé publique post-attentats de novembre 2015, « la moitié des personnes traumatisées n’ont pas eu de soins » (psychologiques, bien sûr).
Thierry Baubet dit un mot du Centre national de ressources et de résilience (le CN2R), qu’il co-dirige. « Le problème, c’est que c’est très interministériel, entre le ministère de la justice et celui de la santé… »
Quant au procès, le psychiatre estime qu’il permet une chose importante : « faire groupe », « avec la possibilité d’entendre des histoires très différentes ».

Mais il est un autre traumatisme moins connu : le traumatisme vicariant.

Autrement dit, ceux qui peuvent en être atteints sont ceux qui recueillent les témoignages des traumatisés : équipes soignantes, mais aussi, policiers, avocats, magistrats.
Un avocat des parties civiles pose une question à Thierry Baubet avant qu’il quitte la barre : et le manque de mots pour caractériser le deuil de parents ayant perdu un enfant ? qu’en pense le psychiatre ?
Thierry Baubet : J’ai des patients qui viennent me voir et me disent la même chose. Je leur demande alors d’en trouver un.
Et il cite de nouveau Charlotte Delbo : « Rien ne doit échapper au langage. »

Qu’est-ce que la solastalgie ?

S’avance alors à la barre une femme aux longs cheveux gris, tressés en une natte qui retombe sur une épaule et dans laquelle elle a entremêlé un foulard bleu-blanc-marron clair. Avec son tee-shirt blanc, ses yeux bleu clair tout comme son pull, quelle harmonie de couleurs pastel !
Catherine Wong, psychiatre également, est « conseil de victimes », dit-elle.
Elle a rencontré quelque 200 victimes des attentats du « 13 novembre », ce qui représente environ 1 400 heures d’entretiens.
L’entretien aborde trois temps dans l’histoire du traumatisé, explique-t-elle : avant le « 13 novembre », pendant, après ; les symptômes variant suivant ce qui a été vécu avant le massacre. « Des victimes parlent encore au présent de ce qu’elles ont vécu » : « j’entends les coups de feu », « je m’accroupis »…

À ce traumatisme, il y a des conséquences communes :
la solastalgie

C’est le philosophe australien Glenn Albrecht
qui est l’auteur de ce terme,
fabriqué à partir de l’anglais solace, le réconfort.
La solastalgie, c’est le résumé en un mot de la phrase
« la vie ne sera plus jamais la même ».
« La solastalgie fait référence à la souffrance psychique
qu’un individu peut ressentir face à la destruction
lente mais chronique des éléments familiers de son environnement »,
lit-on sur ce site.
Solastalgie face au désastre environnemental
(réchauffement climatique, diversité de la nature en net déclin…),
mais aussi en pensant à ce qui existait avant,
à ceux qui existaient et ne sont plus.

La solastalgie, bien des témoins venus à la barre en ont fait part, quand ils parlaient de « la perte de l’insouciance ». Catherine Wong cite alors… Charlotte Delbo, décidément à l’honneur :
« La vie m’a été rendue
Et je suis là devant la vie
Comme devant une robe qu’on ne peut plus mettre »
(Auschwitz et après).

Autre conséquence : le syndrome de Lazare. Le traumatisé revient de la mort, et « les autres ne le comprennent plus ». En somme, c’est une autre personne.

Le grand nombre des victimes induit aussi ce trouble chez le traumatisé : le syndrome du survivant, autrement dit : « Pourquoi ai-je survécu ? Pourquoi moi ? »

Le revenu d’entre les morts est aussi « en quête de sens » et éprouve « une urgence de la vie ». Alors, il change tout : de compagne ou compagnon, de profession… Mais tout cela, précise Catherine Wong, « ce ne sont pas des choix », la personne y est poussée.

La psychiatre, à propos du TSPT, le trouble du stress post-traumatique, dont a déjà parlé le docteur Baubet, évoque l’intrusion : « une odeur, un bruit, vous remettent dans l’événement, parfois plusieurs fois par jour ». Et elle évoque cette victime, un homme amateur de vin blanc à l’odeur de pierre à fusil.

Depuis le « 13 novembre », il est devenu impossible à cet homme de boire du vin.
Catherine Wong cite alors en illustration littéraire ce passage des Montagnes de Californie de John Muir :

« Sans avoir toutes ces années respiré ne serait-ce qu’une bouffée d’air marin, alors que je marchais, seul, à la faveur d’une randonnée botanique, du cœur de la vallée du Mississippi jusqu’au golfe du Mexique, en Floride, loin de la côte, mon attention entièrement tournée vers la splendide végétation tropicale alentour, je reconnus soudain une brise de mer parmi les palmiers et les vignes enchevêtrées, qui sur-le-champ réveilla et libéra mille associations latentes, me faisant redevenir le petit garçon que j’avais été en Écosse, comme si toutes les années qui s’étaient écoulées depuis avaient été annihilées. »

Autre réaction du traumatisé : l’évitement. Il évite de passer devant le lieu du drame, il évite les feux d’artifice… « J’habite dans la Creuse, sur un champ, à ce prix je n’ai plus d’évitements », a confié une victime à la psychiatre.

Parmi les autres complications du stress qui suit un drame : les scarifications : « La douleur psychique est insupportable, alors pour la détourner, on se fait mal » ; les tatouages : « il y en a eu beaucoup après les attentats », rappelez-vous cet homme et cette femme parlant de leurs tatouages.
La somatisation également : si l’on a été piétiné dans la fosse du Bataclan, on ressent des douleurs dans les parties du corps piétinées.
Puis, afin d’expliquer les effets invisibles d’un choc, Madame Wong établit un parallèle avec le phénomène des seiches (d’où vient ce nom ?), non pas les mollusques, mais ces oscillations sous la surface de l’eau : « les oscillations libres peuvent se perpétuer longtemps après que la source de la perturbation a cessé ou, dans le cas d’oscillations entretenues, atteindre des amplitudes importantes par un phénomène de résonance » (sur Wikipédia).

Des survivants d’attentats peuvent également développer un syndrome de Diogène : on accumule chez soi les objets, les sacs-poubelle qu’on ne sort plus parce qu’on a peur de sortir, « quelqu’un vient apporter à manger » à la personne qui développe ce syndrome, ajoute la psychiatre.

Des adultes reprennent un doudou,

et comme » le traumatisme est indicible, on ne demande pas de soins », c’est ce que les psychiatres appellent l’anosognosie.

Enfin, Catherine Wong, au sujet du deuil, parle de la différence entre le « deuil normal » et le « deuil pathologique » : « Dans le deuil normal, on est triste, mais c’est le seul symptôme ; dans le deuil pathologique, on sanctuarise le domicile », par exemple, on ne touche pas aux vêtements du proche disparu, ou l’on met son couvert.

L’hippocampe et l’amygdale

C’est au tour de Marie de Jouvencel, un bien joli nom, de venir parler, la troisième psychiatre. Cette femme est une neuro-psychologue, et elle va parler, « PowerPoint » à l’appui, de la « boîte à outils de notre intelligence ». L’exposé est ardu, les termes peu connus sinon des spécialistes, et j’aimerais bien avoir le temps de digérer toutes les « diapos » qui défilent à l’écran.
Faisons avec… et ne retenons que ce que l’on peut retenir.

Pour parler du « circuit de la peur » dans notre cerveau, elle cite le nom de Joseph LeDoux, psychologue états-unien, dont les recherches ont principalement porté sur le mécanisme de la peur. Il prend l’exemple d’un promeneur dans une forêt. Ce promeneur croit apercevoir une ombre au sol, l’information est reçue par le thalamus, c’est le « circuit court » : il a peur et s’arrête de marcher. Se met alors en activité le « circuit long », l’hippocampe (mais oui, l’hippocampe) prend le relais de l’information : le promeneur va finir par se rendre compte qu’il avait marché sur une branche morte cachée sous les feuilles… et non sur un serpent.
La psychiatre aura cette phrase d’une grande poésie : « l’hippocampe éteint la structure de l’amygdale », cet élément du cerveau qui nous permet de ressentir la peur.
Elle citera enfin une étude menée à Caen, « Think/No think », sur la mémoire traumatique…

C’est la fin de l’audience…

M.
à suivre…

Crédit photos : Source : LeMonde.fr Auteur : Le blog de Martine et Olivier Date : 30 octobre 2021

Nous soutenir

C’est grâce à votre soutien que nous pouvons vous accompagner dans l’ensemble de vos démarches, faire évoluer la prise en charge des victimes par une mobilisation collective, et poursuivre nos actions de défense des droits des victimes de catastrophes et d’attentats.

Soutenir la FENVAC