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Revue de presse

Le Paris-Le Caire qui s’est crashé en 2016 avec 15 Français à bord n’était pas en état de voler

10/05/2019

Un défaut de maintenance. Un rapport d’expertise dévoile que l’Airbus A320 d’Egyptair qui s’est abîmé en Méditerranée le 19 mai 2016 avec 66 personnes, dont 15 Français, à bord n’aurait jamais dû décoller de Paris à destination du Caire.

L’Airbus A320 d’Egyptair qui s’est abîmé en Méditerranée le 19 mai 2016 avec 66 personnes à bord souffrait d’un défaut de maintenance et n’aurait jamais dû décoller de Paris à destination du Caire, indique un rapport d’expertise commandé par la justice française.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), l’autorité française responsable des enquêtes de sécurité pour les accidents graves dans l’aviation, privilégie pour sa part l’hypothèse d’un incendie dans le poste de pilotage pour expliquer cette catastrophe.

Cette thèse est rejetée par les autorités égyptiennes qui maintiennent celle d’un attentat à l’explosif.

Le rapport d’expertise daté de juin 2018, dévoilé mardi par Le Parisien et que Reuters a pu se procurer, va dans le sens d’un incident de vol, comme le laisse entrevoir le BEA.

Des défauts récurrents

Les deux experts commis par les juges français chargés du dossier ont mis en évidence une vingtaine d’alertes, signalant des défauts récurrents, au cours des cinq vols qui ont précédé sur deux jours le vol fatal MS 804.

Ces défauts touchaient notamment le système de prélèvement d’air sur les moteurs de l’avion pour alimenter le système de pressurisation de l’appareil, le déclenchement du détecteur de fumée dans les toilettes et des disjoncteurs électriques.

Or, les commandants de bord n’ont pas consigné les défauts constatés durant les vols en question et signalés par des alarmes visuelles et sonores, notent les experts.

Des diagnostics erronés

De façon générale, ils constatent "l’emploi de méthodes en contradiction avec les préconisations constructeur" et le fait que "la non utilisation des documents de référence pour les recherches de pannes entraîne des diagnostics erronés".

"L’application non conforme des procédures et consignes ne permet pas à la compagnie Egyptair d’apprécier correctement l’état technique de l’aéronef au moment du départ de Charles-de-Gaulle", ajoutent-ils.

"L’expertise met en évidence que cet appareil aurait dû faire l’objet de vérifications lors des quatre précédents vols et n’aurait pas dû quitter le Caire après l’enchaînement de défauts récurrents mais non signalés par les équipages successifs", insistent-ils.

Des doutes sur le technicien

Les experts émettent également des doutes sur les compétences du technicien qui a "remis en oeuvre" l’appareil à l’escale de Paris et dénoncent de façon générale un "grand manque de rigueur" dans la tenue des documents techniques de l’avion.

"L’étude des éléments mis à la disposition des experts ne permet pas de déterminer si l’accident de l’Airbus SU-GCC découle des différents défauts techniques dont souffrait cet aéronef", estiment-ils.

Cependant, la récurrence de certains défauts mentionnés pourrait, selon eux, "être le signe précurseur d’une défaillance électrique majeure", concluent les experts.

Droit de réponse d’Egyptair

Un responsable du ministère de l’Aviation civile a totalement démenti les allégations publiées par certains journaux, qui ont pour source un journal français, qui a prétendu qu’il existe des lacunes de la part de la société Egyptair dans le traitement technique de l’avion Airbus A320-200, étant donné que les travaux de maintenance technique des avions d’Egyptair ainsi que les travaux d’entretien sont faits conformément aux critères et standards internationaux établis par les Organisations Internationale d’Aviation civile.
La société Egyptair Maintenance & Engineering a obtenu l’accréditation de l’Agence Européenne de sécurité de l’aviation EASA Part145, ainsi que l’accréditation de l’Agence Fédérale Américaine FAA dans le domaine de la réparation et l’entretien des aéronefs, accréditations les plus importantes dans ce domaine et les plus précises en ce qui concerne la qualité des aspects techniques.
La flotte d’avions de la société Egyptair est l’une des plus modernes de la région, au vu de l’âge moyen des avions et du plan continu de modernisation et développement des aéronefs. La société établit des procédures de sécurité aérienne qui garantissent la sécurité de ses clients, ses équipages et sa flotte comme l’une de ses premières priorités et se soum l’exécution de toute information internationale qui est de nature à consolider ces procédures.
Enfin, l’avion Airbus A 320-200 qui a fait l’objet d’un crash au cours du vol MS 804, son système de suivi des pannes techniques de l’avion "Air Man" utilisé par la société Egyptair et celui utilisé par la société française Airbus, constructeur de l’avion, n’a enregistré aucun problème technique durant les derniers vols de l’avion avant la survenance du sinistre. Ces éléments sont de nature à démentir ce qui a été publié par le journal français.

Source : Le midi Libre
Journaliste : CHRISTELLE BAUMARD
Publié le 02/04/2019 et Modifié le 09/05/2019 à 11:29