La fausse victime du Bataclan sera jugée pour escroquerie en mars

Celle qui s’était fait passer pour une victime de l’attentat du 13-Novembre avait touché 25 000 euros d’indemnisation. Elle sera jugée le 22 mars, à Créteil, pour escroquerie. Lors de sa comparution immédiate, elle n’a exprimé aucun regret.

Elle s’était fait passer pour une victime du 13-Novembre, avait touché 25.000 euros d’indemnisation et avait même été embauchée par une association de victimes : une femme sera jugée le 22 mars à Créteil pour escroquerie.
Florence, 49 ans, jugée mercredi en comparution immédiate, a sollicité un renvoi pour préparer sa défense. Interpellée la veille, la prévenue, cheveux roses et visage impassible, n’a pas exprimé de regrets lors de cette première audience. Le tribunal a décidé de la maintenir en détention.

Tickets de concert falsifiés

Le 16 février 2016, Florence, bracelet électronique à la cheville car déjà condamnée à trois reprises pour escroquerie, avait raconté "avec force détails", selon un policier, l’attaque du Bataclan. En sa possession, une facture pour deux places de concert, falsifiée à partir de documents récupérés auprès de membres de l’association de victimes Life for Paris (LFP), dont elle a été salariée pendant neuf mois. "A l’époque où on ne faisait pas de vérification", se souvient Caroline Langlade, son ancienne présidente.

Grâce à ce justificatif, l’affabulatrice, qui vit avec sa mère à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), a obtenu 25 000 euros du Fonds de garantie des victimes de terrorisme et autres infractions pénales (FGTI) et plus de 13 000 euros de l’Assurance maladie. Elle a également tenté de berner la mairie de Paris, auprès de laquelle elle a demandé un logement social, en vain.

Au sein de LFP, qu’elle avait rejoint dès sa création en décembre 2015, Florence avait raconté non pas qu’elle était dans la salle de concert, mais que son meilleur ami y avait été blessé lourdement et qu’elle lui rendait visite régulièrement à l’hôpital. La quadragénaire est allée jusqu’à créer un compte Facebook au nom de son ami imaginaire "qu’elle alimentait avec commentaires, photos, histoires persos", explique Arthur Dénouveaux, actuel président de Life for Paris. L’association n’ayant pas accès à la "liste unique des victimes" éditée par le parquet, elle n’a pas pu vérifier l’identité de cet homme.

Voyages et achats "expansifs"

Des voyages et achats "expansifs" ont fini par intriguer certains membres de l’association qui a enquêté et accumulé des preuves pendant des mois avant de la dénoncer aux autorités à l’automne 2017. "Pour qu’elle ne se doute de rien, sur les conseils de la police et de notre avocat, on a joué le jeu pendant des mois devant elle. On lui a même organisé un pot de départ !", explique Arthur Dénouveaux, qui regrette qu’elle n’ait pas été démasquée plus tôt par les enquêteurs.

Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes et plusieurs centaines ont été blessées dans une série d’attentats à Paris et Saint-Denis. Au total, onze personnes ont été condamnées pour tentative d’escroquerie et deux pour escroqueries entre le 21 novembre 2016 et le 1er décembre 2017, selon le FGTI.

En décembre, un homme qui s’était fait passer pour une victime du massacre de 2015 dans la salle de concerts du Bataclan à Paris, alors qu’il n’y était pas au moment de l’attaque, avait été condamné à six mois de prison ferme.

Date : 14/02/18
Auteur : Rédaction
Source : Ouest France

Nous soutenir

C’est grâce à votre soutien que nous pouvons vous accompagner dans l’ensemble de vos démarches, faire évoluer la prise en charge des victimes par une mobilisation collective, et poursuivre nos actions de défense des droits des victimes de catastrophes et d’attentats.

Soutenir la FENVAC