Irma : Comment (se) reconstruire ?

Les invités de l’émission « On va plus loin » évoquent les meilleurs moyens de reconstruire Saint-Martin et Saint-Barthélemy après la catastrophe Irma, tout en tenant compte des habitants.

« Sidération ». Ce mot est dans toutes les bouches sur le plateau d’ « On va plus loin ». Après la catastrophe naturelle engendrée par l’ouragan Irma, c’est la « sidération » pour les habitants de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, encore sous le choc. Alors que ces derniers sont dans des besoins de première urgence, il faut tout de même, dès aujourd’hui, penser la reconstruction des deux îles, à plus long terme.

Pour Stéphane Gicquel, secrétaire général de la FENVAC (fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs), il faut impliquer les habitants dans le processus : « La catastrophe met à l’épreuve nos modes de vie, nos choix et on est face à un choix politique. Le pire danger ce serait de tomber dans une banalisation d’un traitement administratif, d’un traitement assurantiel. Aujourd’hui, on n’a pas à écouter les comptables, on n’a pas à écouter les juristes, on a à imposer les choix du politique. Et si on arrive à [les] imposer, on aura déjà marqué quelque chose de fort : la reconnaissance de ce que vivent les victimes (…) il y a de vrais choix politiques et bien évidemment les victimes doivent être actrices de ces choix ».

« On ne peut pas faire sans les gens »

George Pau Langevin, ancienne ministre des Outre-mer renchérit : « On ne peut pas faire sans les gens (…) les choix politiques, les orientations en matière d’urbanisme ou en matière de construction des maisons, il faut tenir compte de ce que les gens souhaitent ».

Mais ces catastrophes naturelles, selon Stéphane Gicquel, « posent la question de notre rapport au risque » et nous renvoient à des questions essentielles : « Quel est le risque que finalement on accepte. Peut être que des gens vont vouloir retourner dans un habitat en ayant la connaissance du risque. Je ne veux pas choquer mais peut-être qu’il faut accepter que tous les 100 ans, certaines constructions soient dévastées et à refaire. La question, c’est la prévention, la mise à l’abri des personnes (…) Aujourd’hui, on va faire un choix. Ces gens n’ont pas forcément envie d’avoir des barres d’immeubles en béton qui résisteront mais qui n’auront pas forcément de charme (…) Il faut être capable de proposer aux gens : voilà une option, voilà les avantages, voilà les inconvénients. Finalement, c’est le langage de la maturité ».

Et cette reconstruction prendra des années et des années.

Tous sur le plateau parlent de l’importance de la solidarité nationale : « Il y a une vraie chaîne de solidarité qui se met en œuvre (…) Les Français se mobilisent, font des dons. Et aujourd’hui, c’est ce que l’on peut faire de mieux pour accompagner les associations locales sur le terrain, qui vont œuvrer à leur propre reconstruction » estime Frédéric Théret, de la Fondation de France.

Auteur : Laure-Anne Elkabbach
Source : Public Sénat
Date : 14/09/2017

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