Catastrophe de Zoufftgen : prison ferme requise contre deux employés des Chemins de fer luxembourgeois

Le ministère public du tribunal correctionnel de Luxembourg a requis jeudi, après trois semaines d’audience, des peines de prison ferme à l’encontre de deux des employés des Chemins de fer luxembourgeois (CFL) et des peines avec sursis pour deux autres poursuivis pour homicides et blessures involontaires dans le cadre de la catastrophe ferroviaire de Zoufftgen (Moselle), a-t-on appris de sources judiciaires luxembourgeoises.

L’accident survenu en octobre 2006 avait fait six morts, deux blessés graves et 14 blessés légers.Il a été demandé 48 mois de prison, dont la moitié ferme, contre le chef de circulation de l’après-midi, 42 mois de prison dont 21 ferme contre l’annonceur de trains, 12 mois avec sursis contre le chef d’équipe du matin et six mois de prison avec sursis contre l’aiguilleur.

Le ministère public a dénoncé "le non-respect flagrant des procédures et le manque de conscience professionnelle" tandis que les avocats des prévenus soulignaient le manque de formation de leurs clients. Les avocats des 53 parties civiles ont regretté pour leur part que les CFL en tant que personne morale n’aient pas été incriminés.

Le 11 octobre 2006, peu avant midi, un TER des CFL reliant Luxembourg à Nancy (Meurthe-et-Moselle) était entré en collision frontale avec un train de fret de la SNCF venant de Bâle. Le TER avait reçu l’autorisation de franchir un feu rouge alors que l’autre convoi s’engageait sur la seule voie libre en raison de travaux. Tous les efforts pour stopper, en quelques secondes, le TER furent vains.

La catastrophe s’était produite sur la frontière. Le dernier wagon du TER avait dû reculer sous le choc et gisait en territoire luxembourgeois. Les responsables présumés étant tous des cheminots du centre de triage de Bettembourg, la justice française avait accepté que la procédure se tienne à Luxembourg. Les CFL avaient aussitôt reconnu leur entière responsabilité et versé très rapidement des dommages et intérêts aux familles des victimes.

Le Nouvel Observateur, AP, 18.12.2008


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