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Burkina Faso : un Français tué dans une attaque terroriste à Ouagadougou

Un attentat dans un restaurant a fait au moins 18 morts et une dizaine de blessés dans la nuit de dimanche à lundi. Les deux assaillants, « très jeunes », selon la procureure, ont été tués dans l’assaut lancé par les forces armées. Emmanuel Macron a assuré le Burkina Faso « de son soutien et de sa coopération ».

Deux jours après le drame, les Burkinabè sont encore sous le choc. Un deuil national de trois jours a débuté lundi après l’attentat terroriste qui a touché sa capitale dimanche soir. Un restaurant sur l’avenue Kwame Nkrumah, à Ouagadougou a été pris pour cible par plusieurs assaillants aux alentours de 21 heures. Lors de cette attaque, qualifiée de « terroriste » par le gouvernement burkinabé, au moins 18 personnes - dont au moins 8 étrangers - sont mortes et 22 autres ont été blessés, dont 5 agents des forces de défense et de sécurité, a annoncé le parquet brukinabè. Un Français a été tué, selon le parquet de Paris qui a ouvert une enquête antiterroriste, comme à chaque fois que des concitoyens sont victimes d’actes terroristes à l’étranger.

Emmanuel Macron s’est entretenu lundi avec le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, avec qui il a fait le point sur l’attaque. Le chef de l’État français « a marqué sa solidarité dans cette nouvelle épreuve traversée par le Burkina Faso et a réitéré sa détermination à approfondir la coopération entre les deux pays ». Emmanuel Macron et son homologue burkinabé ont fait le point sur les circonstances de l’attaque, l’identification des victimes et sur l’enquête visant à identifier les commanditaires », explique l’Élysée. Ils sont convenus « de l’urgence de mettre en oeuvre les décisions prises lors du sommet de Bamako du 2 juillet et d’accélérer la mise en place de la force du G5 Sahel ». Les deux chefs d’État « auront tous les deux des contacts dans les prochains jours avec les autres chefs d’État de la région pour poursuivre cette mobilisation ».

« Les assaillants étaient très jeunes »

Ce lundi, la procureure du Burkina Faso, Maïza Sérémé, a précisé que « les assaillants étaient très jeunes, de peau claire et noire ». « Ils sont allés au combat pour mourir », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse. « Ils (les deux assaillants) se sont remorqués sur une moto pour arriver sur le lieu du crime. Chacun des terroristes était armé d’un AK47 (fusils d’assaut Kalachnikov, NDLR). Nous avons retrouvé sur les lieux (...) beaucoup de chargeurs, certains ont été vidés et d’autres étaient pleins », a-t-elle indiqué.

La procureur a relevé des « similitudes dans le mode opératoire » avec l’attaque djihadiste sanglante du 15 janvier 2016, lorsqu’un commando avait attaqué avec des armes automatiques le café Cappuccino - situé à 200 mètres du restaurant Aziz Istanbul - et plusieurs autres établissements. Cette attaque, revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait fait 30 morts et 71 blessés, en majorité des étrangers. Dimanche soir, « ils (les assaillants, NDLR) ont riposté aux tirs pendant plusieurs heures, avant d’être abattus à l’arrière du bâtiment », a poursuivi la procureur.

« Outre les huit Burkinabè, on dénombre un Français, une Canadienne, un Sénégalais, un Nigérian, un Turc et deux Koweïtiennes », a précisé la procureur, qui a également fait état de « trois victimes non encore identifiées ». De son côté, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, a fait état de la mort de sept Burkinabè et huit étrangers - un Français, une Canadienne, un Sénégalais, un Nigérian, un Libanais, un Turc et deux Koweïtiennes. Par ailleurs, selon Ottawa, une deuxième personne de nationalité canadienne figure parmi les victimes.

Une enquête a été ouverte pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, assassinat et tentative d’assassinat ». La procureure du Burkina Faso a également lancé « un appel à témoins afin d’aider à l’identification des complices ou des facilitateurs éventuels depuis la planification jusqu’à l’attaque terroriste ».

Une précédente attaque dans la même rue en 2016

Le restaurant pris pour cible est l’Istanbul, fréquenté par des familles et des expatriés et situé à environ 200 mètres du café Cappuccino et d’autres établissements, qui avaient été en janvier 2016 la cible d’une attaque djihadiste revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Deux Français avaient été tués.

En contact avec les autorités locales, le Quai d’Orsay a demandé lundi matin aux ressortissants français d’éviter la zone et de rassurer leurs proches. Un numéro de réponse téléphonique a été ouvert à l’ambassade : +226.25.49.66.20.

Le Burkina Faso, théâtre d’attaques djihadistes régulières depuis 2015

Le mode opératoire de cet attentat est similaire à celui du 15 janvier 2016. Un commando avait attaqué le café Cappuccino et plusieurs autres établissements, l’hôtel Splendid, l’hôtel Yibi et le Taxi-Brousse, situés sur l’avenue Kwame N’Krumah, comme le restaurant Istanbul. Cette attaque avait fait 30 morts et 71 blessés, en majorité des étrangers. Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est le théâtre d’attaques djihadistes régulières depuis 2015. En décembre 2016, une douzaine de soldats burkinabè avaient été tués dans une attaque contre un détachement de l’armée basé dans le nord du pays. En octobre 2016, une précédente attaque avait fait six morts, quatre militaires et deux civils.

Plusieurs enlèvements ont aussi été perpétrés, de Burkinabè comme d’étrangers. Un Australien et un Roumain, enlevés en 2015, sont toujours captifs de groupes islamistes liés à Al-Qaida. Le Burkina Faso, petit Etat sahélien d’Afrique de l’Ouest, pauvre et enclavé, a réaffirmé le 18 juillet la nécessité de « lutter contre le terrorisme » avec son voisin la Côte d’Ivoire, également touchée par un attentat djihadiste en 2016.

Date : 15/08/2017
Source : le Figaro
Auteur : AFP

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