Attentat contre l’ambassade de France en Libye

L’ambassade de France à Tripoli, en Libye, a été la cible d’une attaque à la voiture piégée tôt mardi matin. Deux gendarmes ont été touchés dont un grièvement. L’attentat n’a pas été revendiqué. Paris a dépêché Laurent Fabius sur place.

Un attentat a frappé mardi matin l’ambassade de France à Tripoli. Deux gendarmes en faction ont été blessés. L’un a été sérieusement blessé mais son pronostic vital n’est pas engagé. Il a été touché par des éclats, notamment au visage. Son collègue a été choqué par l’effet de souffle. Selon les premiers témoignages, une voiture piégée a explosé peu après 7 heures devant la chancellerie, une maison de deux étages située dans le quartier chic de Hay al-Andalous, dans l’ouest de la capitale libyenne.

Les premières images montrent de très importants dégâts sur le bâtiment. Le mur d’enceinte s’est effondré, la toiture a été arrachée. « Il était aux environs de sept heures. Un garde venait prendre la relève. Lui n’a pas été blessé mais son collègue dans la guérite a été gravement touché. C’est une voiture piégée dans la petite rue qui longe l’ambassade qui a explosé », explique-t-on de source diplomatique à Tripoli. Selon elle, le site serait détruit au moins à 60 %. Un Français vivant dans le voisinage affirme que l’explosion a été entendue à plusieurs centaines de mètres et que les vitres de tout le pâté de maisons ont volé en éclats. Les vitrines des commerces, 200 mètres plus loin, ont été soufflées. La maison, site historique de l’ambassade, venait d’être restaurée après avoir été saccagée par les kadhafistes lors de la guerre civile de 2011. L’ambassade était en alerte, comme toutes les représentations diplomatiques occidentales en Libye.

Mardi, les forces de sécurité tentaient de faire évacuer les lieux et de bloquer le périmètre en pataugeant dans l’eau, échappée d’une conduite crevée, qui envahissait la rue. Le ministre libyen des Affaires étrangères Mohammed Abdelaziz s’est rendu sur place.

Laurent Fabius a condamné avec « la plus grande fermeté l’attentat ». « En liaison avec les autorités libyennes, les services de l’État mettront tout en œuvre pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet acte odieux et (pour) que ses auteurs soient rapidement identifiés », a ajouté le ministre des Affaires étrangères, qui part pour Tripoli. « La France attend des autorités libyennes que toute la lumière soit faite sur cet acte inacceptable, pour que les auteurs soient identifiés et traduits devant la justice », a demandé l’Élysée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête et un groupement du GIGN a été envoyé sur place.
Des menaces des groupes armés djihadistes

Personne n’a revendiqué cet attentat, le premier contre une représentation diplomatique dans la capitale. Le 11 septembre dernier, une attaque contre le consulat américain de Benghazi, la grande ville de la Cyrénaïque, à l’est du pays, avait causé la mort de l’ambassadeur et de trois autres Américains. Ce raid avait été attribué à des groupes islamistes radicaux qui contrôlent une grande partie de la cité. L’insécurité persistante dans cette région, frappée par des attentats et des assassinats, a conduit les Occidentaux à évacuer la ville. Mais jusqu’alors, Tripoli, bien que déchirée entre de nombreux groupes armés plus ou moins soumis au gouvernement, restait calme.

En pointe avec la Grande-Bretagne pour soutenir les insurgés qui devaient venir à bout du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la France est désormais l’objet de menaces de la part des islamistes libyens. Après l’intervention au Mali en janvier, les critiques se sont accentuées. Les groupes armés djihadistes - le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et Ansar Dine - visés par l’opération française au Mali, ont assuré vouloir s’attaquer aux intérêts français en Afrique. Selon plusieurs sources militaires, des miliciens appartenant à ces groupes armés auraient trouvé refuge en Libye après avoir été mis en déroute par l’offensive française.

lefigaro.fr, Tanguy Berthemet, le 23 Avril 2013


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